Homélie du jour de Pâques 2018
Evangile selon Saint Marc (16, 1 -7)

tombeau vide

« Qui nous roulera la pierre ? » Les femmes veulent une dernière fois prendre soin du corps si blessé, si meurtri…
Et voici que la pierre a été roulée. Cette pierre si lourde, comme le cœur si pesant de ces femmes, pierre de la désespérance.

Il y avait eu un jour ces autres pierres, lourdes de leur péché, que ces hommes avaient laissé tomber (Jn 8, 2-11). Ils n’avaient pu les lancer, quand ils s’étaient trouvés face à cet homme, la bonté même, puisque Dieu seul est bon. Jésus les avaient désarçonnés, il avait refusé que le corps d’une femme soit blessé, meurtri.

Dans la Bible, bien auparavant, une lourde pierre a un jour été roulée, quand Jacob, fils d’Isaac, a voulu faire boire les moutons de bergers de celle qu’il aimait (Gn 29, 2). L’amour lui a donné la force de déplacer la pierre qui couvrait un puits, et un commentaire raconte même que les eaux montèrent, devant les bergers médusés, qui n’avaient plus besoin de seau pour puiser…

Au matin de Pâques, les femmes vivent cette même expérience, si étonnées que la pierre ait été roulée. Marie-Madeleine sera bientôt stupéfaite et remplie de joie en reconnaissant Jésus, en voyant que la source de la vie coule à nouveau dans les veines de son Seigneur.

Finalement, c’est la mort qui a été roulée ! C’est le Diable qui a été roulé dans la farine ! Il croyait avoir gagné la partie en venant prendre le cœur de Judas. Il pensait avoir agrippé celui de Pierre.
Mais Simon, après son triple reniement, s’est laissé regarder par Jésus, il s’est mis à pleurer amèrement. Son cœur qui aurait pu rester de pierre était bien de chair, chair blessée par cette amitié trahie.

La pierre qui existe en notre cœur profond est elle aussi comme fendue, elle peut alors laisser couler une source. La vie est la plus forte. Je me souviens, lors d’un feu de camp, de cette pierre, si fort chauffée qu’elle éclata sous mes yeux.

En ce jour de Pâques, la pierre est roulée, elle éclate, le mal est brisé. Cette nuit, des milliers d’hommes et de femmes ont fait cette expérience, comme toi Jennifer (ndlr baptisée lors de la veillée pascale) : la vie de Dieu coule en eux, en toi, comme a coulé l’eau du baptême. A Lourdes, l’eau coule du rocher.

eau du rocherA Pâques, la pierre en nous se fait chair, depuis que la chair de Dieu s’est faite suprême amour sur la croix, devant le regard de pierre et de haine des hommes.
Les larmes des femmes, de Marie, deviennent source de joie, source jaillissante coulant sur nos visages, telle la source du baptême coulant sur nos fronts. Le soleil de la Résurrection a si fort chauffé qu’a éclaté la pierre qui enfermait la vie.

Qu’en notre monde, la force de la vie, de l’espérance, de l’amour, de la tendresse devienne les plus fortes, puisque le Vivant nous délivre du mal et de la mort. Nous le lui demandons, en chaque prière,  en chaque « Notre Père ».

Seigneur, délivre-nous du mal, change notre cœur de pierre en cœur de chair. Re-suscite le, Toi qui as ressuscité ton Fils, l’homme : « Voici l’homme ! » (Jn 19, 5), avait dit Pilate. Voici l’Homme vivant. Voici le Ressuscité. Qu’éclate la joie, sur terre, sur toute terre, pour tout peuple, pour tout homme. Mort est morte. Vive la vie ! Alléluia. Amen

CHRISTOS ANESTI ! ALETHOS ANESTI !
Χριστός ανέστη ! Αληθος ανέστη !
Christ est ressuscité ! Il est vraiment ressuscité (annonce pascale chez les Orthodoxes)

CHRISTUS RESUREXIT SICUT DIXIT
Le Christ est ressuscité comme Il l’avait annoncé !

P. Jean de Soos, curé de la Communauté paroissiale de St Jacques - Le Viguier (Carcassonne, France)

 

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