Une méditation sur l’évangile selon Saint Marc (10, 24 – 27)

On lit en saint Marc, au chapitre 10, verset 24 : « Mes enfants, comme il est difficile d’entrer dans le royaume de Dieu ! Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu ».

signe de fécondité pour toujoursOn ne peut en effet emprunter le trou de l’aiguille qu’en tant que soi tout court. Tout ce que l’on s’ajoute soi-même dans une appréciation mal pesée et gonflée de ce que l’on prétend être, ne passe pas. Mais n’oublions pas que toute la vie, si prompte à multiplier ces tours de bâton, propose aussi le dégraissage lorsqu’elle se mixe au doux vouloir de Dieu, se livre à la décape de son pardon, se laisse baigner dans l’huile assouplissante de la grâce, se donne aussi à son œuvre d’amour sans s’articuler sur une musculation trop personnelle, et ce pour laisser Dieu respirer en nous.

Dans ce tracé accepté, même bon gré mal gré, la mort devient une bénédiction, car, si juste avant le gué, un peu conscient du réel, l’on n’est plus que soi-même, alors on passe par le trou de l’aiguille. Voilà pourquoi les hommages sont alors dérisoires voire indécents si, comme c’est trop souvent le cas, on remet sur le dos du passant les guenilles de son surmoi. Laissons-le nu et aux soins des porteurs du ciel qui connaissent, purs esprits, le pas du passage mieux que nous, eux qui contemplent la face de Dieu, le simple, dieu nu et Homme nu sur le seuil du Vendredi saint. C’est le Christ qui les mène, lui le porteur du pauvre qui rejoint l’état de naissance dans la lumière du ciel.

Mais que se passe-t-il si la mort qui se démasque n’arrive pas à persuader le passant de ce qu’il est ? L’espérance de la solution se lit un peu plus loin dans le même chapitre 10 de saint Marc au verset 26b qui évoque les disciples perplexes devant le passage de ce fameux chameau par le trou de l’aiguille. « Mais alors qui peut être sauvé ? Jésus les regarde et répond : « Pour les hommes, cela est impossible mais pas pour Dieu ; car tout est possible à Dieu ». Vive le passeur !

HG, oblat d’En Calcat

Albi, le 2 Novembre 2017 

Mort de Saint Dominique

 

Salva Stampa Esci Home